Dimanche 21 novembre 2010 7 21 /11 /Nov /2010 22:02

Suite des aventures de Candice =)

 

II :

 

J’ai planqué le buggy quelques kilomètres avant le premier village Mayans, j’ai continué un peu  à pied. Les fumées du village sont visibles d’ici, il faut que je me déguise … Chez les Mayans, les femmes sont cantonnées au rôle de reproductrices et systématiquement avilies. Mais il fait chaud… L’hiver c’est plus simple de se déguiser en empilant les couches. Mais en cette saison ça risque d’être compliqué.

 

Il faut que je trouve une solution… Peut être que dans la décharge du village il y aura de quoi se déguiser. Vu comment les vents soufflent par ici, le dépotoir doit être au sud du bourg pour éviter les mauvaises odeurs. Je scrute un peu le secteur. Comme partout, ici tout est d’un gris uniforme et triste. Quelques carcasses d’arbres ici ou la, l’espèce de cuvette naturelle au fond de laquelle se trouve le petit patelin, que je n’ai pas encore vu directement. La chaleur est déjà accablante alors qu’il est relativement tôt, et le soleil ne s’est pas montré depuis presque quinze jours. Aussi l’air est lourd, chaud, moite et étouffant, le moindre geste entraine une bonne suée. On a l’impression qu’un orage peut crever le ciel à tout moment. Tout le monde redoute les orages car les pluies sont très acides de nos jours…

 

Toute à mes pensées, j’ai machinalement pris le chemin du Sud vers le dépotoir. Là je commence à farfouiller dans les débris, déchets et rebuts. Je récupère un vieux t-shirt un peu grand mais pas trop sale, un pantalon plus ample. Mais cela ne suffira pas à me faire passer pour un jeune homme. Du coin de l’œil je vérifie si personne n’arrive, puis je reprends mes recherches. Après presque vingt minutes de fouille dans les immondices sous une chaleur écrasante je trouve enfin mon bonheur : un gilet pare-balles bien rigide. Une fois bien serré il devrait correctement cacher ma féminité.

 

Chargée de ce matériel, je m’éclipse doucement, et retourne au buggy ou j’ai de quoi peaufiner mon déguisement et où je serai à l’abri. A ma montre il est déjà seize heures. Il faut que je fasse vite si je veux que mon arrivée au village paraisse naturelle. Je commence par me dévêtir, enfiler le vieux pantalon puis je m’enroule une longue bande de tissu autour de la poitrine en serrant le plus possible. Ce n’est vraiment pas agréable mais c’est presque une question de vie ou de mort. Comme cela ne suffit pas à cacher totalement mes formes, je mets par-dessus le gilet que je serre aussi à fond. Au pire ça me protègera. Et seulement ensuite, j’enfile le t-shirt par-dessus et enfin, pour parfaire le tout, j’ajoute mon blouson d’été. Un coup d’œil dans le rétro et quelques touches de maquillage finissent de me faire ressembler à un jeune garçon un peu efféminé.

L’heure tourne, déjà 17h, je me dépêche de retourner à l’entrée du village…

Par Akiba - Publié dans : Futuriste/SF
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Lundi 26 juillet 2010 1 26 /07 /Juil /2010 02:28

Aujourd’hui, remise des diplômes, la fac est pleine d’élèves mais aussi des familles, tout le monde est heureux. Je viens de décrocher mon master en mécanique des fluides. La cérémonie vient de se terminer,  je rejoins doucement ma chambre. A peine entré, et mon diplôme posé, je la prends. Je l’ai achetée il y a quelques semaines maintenant.

Ici je suis quelqu’un d’apprécié, j’ai pas mal d’amis, même si je suis assez introverti, c’est agréable, j’ai même flirté avec une jolie fille, qui repart ce soir chez elle dans le Nebraska. De toute façon, tout est planifié. Et dire qu’on apprécie mon calme et mon pacifisme. C’est vrai que je n’aime pas faire de mal aux gens.

 

Mais l’heure n’est plus aux souvenirs, dans l’armoire, je prends la petite boite en carton sans quoi elle n’est rien. Je prends le temps de tout vérifier, la précipitation ne mène a rien, j’ai tout mon temps. Je démonte tout, remonte tout, au moins deux fois.

 

Je vais a la fenêtre, le bâtiment fait un U avec au milieu la place ou tout le monde est regroupé pour faire la fête, j’ai une vue plongeante sur la foule. De plus tout les arbres ont étés récemment élagués, la vue est parfaitement dégagée. La plupart des élèves sont restés dans la cour, sont vite passés se changer de leur affreuse robe de cérémonie pour mettre quelque chose de plus sympathique. Défilé de couleurs chatoyantes, demoiselles persuadées d’être le centre du monde, surmaquillées elles s’amusent à briser les cœurs.

La gent masculine ne vaut pas mieux, occupés à rouler des muscles pour se faire valoir aux yeux de tous. Et le mieux la dedans, c’est que tout cela se fait dans la plus grande hypocrisie, que j’ai pratiquée avec plaisir toute l’année. Et ce soir, ça va continuer.

 

Sauf que …

 

Tout doucement, je l’épaule, j’aligne les organes de visée, dans le collimateur apparait un visage inconnu, une jeune femme, un peu à l’ écart. Je prends mon temps pour ajuster tout comme il faut. Mon premier coup, il est hors de question de le rater…

 

Une secousse dans mon épaule, elle tombe, simplement, sans un cri, sans rien, personne ne l’as vue. Personne ne m’a entendu, je me suis équipé d’un silencieux. Maintenant que j’ai commencé, on peut entrer dans le vif su sujet. Plus de cibles isolées, maintenant je tape dans la foule, vite gagnée par la panique. Chaque fois que mon épaule est secouée, une personne tombe.

 

Lentement, un rire monte en moi, que je ne peux réprimer. Je ris, je ris a gorge déployée, à me faire péter les côtes. Tout n’est plus que tourbillon de couleurs, je ne sais plus qui se trouve dans mon viseur, homme, femme ? Qui sait ? Il doit juste mourir, c’est comme ça. Mes gestes sont fébriles, je ris toujours, de plus en plus fort.

 

J’ai pris soin de sceller ma porte, mais je sais que lorsque je serai découvert, ça ne tiendra pas longtemps.

Brusquement, mon rire s’arrête net. Je l’ai dans ma ligne de mire… Ses yeux fixent ma direction depuis sous la table ou elle est cachée. Il y a encore peu, sa petite main chaude saisissait la mienne, avant de se mettre sur la pointe des pieds avant de m’embrasser sur la joue. Elle a un si beau regard, souligné par ses fines lunettes… Je me dépêche de lui ôter, un cercle écarlate parfait apparait entre ses yeux, les branches de ses lunettes tombent de chaque coté de sa tête. Derrière elle s’élève la brume rose. Qui macule la nappe d’éclats d’os et de cervelle. Ses grands yeux bleus sont écarquillés, puis elle s’effondre hors de mon champ de vision.

 

Je ris de plus belle, c’est de mieux en mieux. Je sens une chaleur monter de mon ventre, c’est génial. Maintenant, il faut que je débusque mes cibles. Plus ça va, plus j’aime ça. Machinalement, je recharge, sans cesser de rire.

On frappe violemment à ma porte. Ça y est, c’est le moment de parfaire cette comédie magnifiquement ficelée. Je vide mon chargeur à la fenêtre avant d’engager une unique balle dans la chambre et de m’assoir sur une chaise, face à la porte.

 

Ils commencent à défoncer la porte, je finis une vieille tasse de café froid. Ils hurlent, me somment de me rendre, j’écris une connerie sur Twitter. Le premier verrou saute, comme je l’ai fait tant de fois, j’épaule lentement mon arme et vise au niveau de la tête. La porte s’ouvre d’un coup. Mon tir unique est parfait, directement dans le front de l’homme qui vient d’entrer. Le 5.56 OTAN et son étonnante capacité à champignonner fait exploser l’arrière du crâne de ce qui semble être un policier avant d’aveugler celui qui le suit. Malgré cela un troisième homme surgit. Lui n’hésite pas et tire cinq fois avec sa MP5, j’ai à peine le temps d’emmètre un léger rire que déjà je pars. Finalement, tout c’est déroulé selon mon plan… je pars tranquille…

 

 

 

Extrait du Daily Post : «  Cérémonie du Massacre : aujourd’hui à l’université de physique appliquée, un jeune homme sans histoires, connus du tous pour être un garçon normal à subitement fait feu sur la foule réunie pour fêter la remise des diplômes depuis sa chambre d’étudiant. Il venait tout juste d’obtenir une maitrise et semble avoir prévu son coup depuis longtemps. Personne ne sait ce qui a motivé cet acte autodestructeur. Car lors de son interpellation, il a tiré sur les forces de l’ordre tuant un officier et obligeant l’un d'eux à répliquer, certains parlent d’une forme de suicide. On dénombre 24 victimes et 31 blessés dont une douzaine dans un état grave. Parmi les décédés figure la petite amie du tueur, qui devait, d’après ses amis, passer l’été avec lui. Le forcené a utilisé une carabine M4 en vente libre et un calibre de guerre. Il est probable que le seul qui connaisse les raisons de cet acte ait emporté ce secret dans sa tombe… »

Par Akiba - Publié dans : Réaliste/contemporain
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Mardi 6 juillet 2010 2 06 /07 /Juil /2010 01:05

Soleil brulant, fait fondre l’asphalte… Paysages lunaires, de l’ocre de la terre… Terres brûlés à perte de vue. Le silence est lourd. La chaleur accablante. Un rugissement  au loin déchire ce silence. Le sol surchauffé tremble. Tel mille démons hurlants, il surgit. D’un nuage de poussière s’élevant dans les airs, il fend l’air. C’est lui. Il est devenu une légende, car il est l’un des seuls à rester libre. Juché sur son Juggernaut  d’acier, filant comme le vent. Inexorable. Certains disent qu’il n’est qu’un vestige des temps passés, un souvenir voué à s’éteindre dans l’oubli…

 

 

Cela fait maintenant une semaine que je roule quasiment sans m’arrêter. La vitesse est mon salut. Mon antique moto, mon âme. Et le carburant le fluide vital qui coule dans mes veines. Ici en plein désert, je suis à peu près en sécurité. La poussière soulevée par mes roues brulantes s’incruste partout dans les plis de mon vieux blouson en cuir qui claque aux vents. Le compteur d’essence est dangereusement bas, je dois m’arrêter consulter ma carte. La décélération se fait en douceur. Entre deux cheminées de fée, dans un grincement je déploie la béquille de ma bécane.  Mes pieds, en touchant le sol font monter un nuage de sable ocre. D’un geste machinal, j’époussète le réservoir, dévoilant une peinture écaillée ou n’est plus lisible que « Ha…. Dav… ». J’ouvre une des sacoches à l’arrière, et commence à étudier la carte tout en saisissant ma gourde.

 

Metropolis est trop proche à l’Ouest, sur la route de la côte. Je vais devoir faire un sacré détour pour rattraper le bateau. Denver, que j’ai quitté il n’y a pas si longtemps à du lâcher ses chiens de guerre a mes trousses. Je connais cette région comme ma poche, j’ai du les semer. Pourtant, j’ai un sentiment d’insécurité. De nombreux postes avancés sont dans la région.

 

Je passe ma main sur mon front. La chaleur est pratiquement insupportable. Je gratte ma barbe trempe de sueur et m’envoie une autre rasade. Il faut que j’économise sinon je n’arriverai pas à la côte. D’après la carte il va falloir que je fasse encore deux cents bornes vers le Nord avant d’obliquer vers le Sud en espérant avoir dépassé Metropolis. Mais c’est pas l’info que je recherche. Visiblement il y a une station service désaffectée à cinquante kilomètres au nord-est… ça m’arrange pas, mais j’ai pas le choix. Il faut  espérer que les cuves contiendront un peu de carburant.

Une goutte roule sur ma joue, s’accroche dans ma barbe avant de tomber sur ma carte. Il est temps. Je range rapidement la carte et ma gourde en résistant à la tentation de boire à nouveau. D’un geste souple, répété des milliers de fois, j’enfourche ma bécane. D’un autre geste tout aussi machinal je démarre. C’est un véritable coup de tonnerre qui retentit. Dans ce désert ou les Retombées on détruit jusqu’au plus petit mulot, le moindre son prend des proportions incroyables. La vitesse reprend ses droits sur mon esprit. La liberté pointe le bout de son nez…

 

Cinquante kilomètres plus tard, à la station service, je suis obligé de faire un pompage manuel, mais la cuve semble quasiment pleine. Au loin se distingue la forme déchiquetée de la cité-ruche de Denver. Pendant une seconde, j’ai peut être eu envie de me ranger. De vivre dans ces villes de plusieurs kilomètres de hauteur. Mais immédiatement, on m’ôterait ma liberté d’être. Plutôt vivre comme un chien affamé dans le désert que dans ces foutues boites de sardines. Si ça leur convient, tant mieux, j’ai sérieusement autre chose à foutre que vivre avec ces zombies. On me dit misanthrope… Ceux qui prétendent cela le font sans jamais dire bonjour à leur voisin qu’ils croisent tous les jours. J’en ai rien à cirer. Le bateau règlera tout ces soucis… Partir vivre ailleurs, mon seul espoir… Trop longtemps que j’arpente ces terres. Trop longtemps que je suis traqué. Bon, le plein est fait. Il faut reprendre la route et rattraper le retard que j’ai pris…

 

La route s’offre enfin à moi… je peux repartir …

 

 

Non loin de la, jumelles aux yeux. Un jeune soldat de garde dans un poste avancé de Metropolis le voit repartir. Il signale l’activité à son supérieur et rédige un rapport simple et concis. Il a conscience d’avoir une légende sous les yeux. Mais il n’as pas conscience qu’il est la dernière personne à l’avoir vu. Brusquement, le ciel se couvre, le jeune homme ferme les volets hermétiques pour se protéger des pluies acides…

Par Akiba - Publié dans : Anticipation
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Vendredi 25 juin 2010 5 25 /06 /Juin /2010 01:05

la suite de Heaven and Hell =)



C’était il y à maintenant deux siècles, les humains avaient été éradiqués par leurs propres luttes intestines, seuls restaient quelques communautés a l’écart du monde. Alors, les elfes et les nains qui vivaient en marge de la société humaine purent vivre paisiblement, sans persécutions. Les nains sont  ces êtres d’un mètre cinquante à peu près, dix fois plus musclés que ne l’étaient les hommes, au moins deux fois plus intelligents, cependant belliqueux, mauvais, violents et terriblement avancés technologiquement. Les elfes quant a eux sont plus grands que les hommes, plus fins, plus agiles, de forces a peu près équivalentes, mais de sagesse infiniment plus grande, mais pourtant cruels, hautains et impulsifs.

 

Pourtant, cet état des choses ne pouvait pas durer, oh que non, décidément certains peuples n’arrivent pas à s’entendre … Les tensions entre les peuples opposés trouvèrent leur paroxysme lorsque Muldin, le haut roi des nains traita les elfes de « fils de chienne arrogante », « bouffeurs de chiendent » et autres insanités grandissantes. Un des gardes elfes, outré par tant de grossièretés mit fin à cet échange d’un shuriken en pleine gorge.

Aussitôt, les deux camps qui n’attendaient que ce prétexte pour déclencher leurs machines de guerre colossales. Les batailles furent d’une violence rare, les carnages furent innombrables, innommables, la population des deux camps baissa de moitié au moins, malheureusement la tranche la plus atteinte était la partie masculine, à tel point que les elfes cachèrent leurs hommes et leur armée se constitua en un corps de femmes vengeresses, violentes et d’une cruauté sans égal.

 

Après huit ans de guerre telle que le monde n’en avait jamais connu, les nains mirent au point une arme, si puissante qu’elle affectait la nature de la planète elle même. Un gigantesque cataclysme, sous la forme de catastrophes naturelles suivit l’usage de cette arme, ravageant la Terre. Peu après, la Planète se rebella, les forêts, terres éternelles des elfes, devenaient dangereuses, hostiles… Dans les montagnes naines, les volcans éteints reprirent du service, des créatures élémentaires venues du centre de la planète surgirent et brulèrent les mines séculaires.

 

Il fallut plus d’un siècle aux races qui vivaient sur terre pour se remettre, les anciennes technologies furent abandonnées, les elfes retrouvèrent un nombre d’hommes normal, mais la société s’était féminisée et vivait dans le continent actuellement connu sous le nom d’Amérique. Les nains restèrent très secrets sur leurs activités, refugiés dans les restes de l’actuelle Eurasie. Ces continents qui d’ailleurs s’étaient déplacés pendant le cataclysme, ils n’étaient maintenant plus séparés, on parlait de continents par habitude, mais ce ne sont que deux territoires en fait ….

 

Jusque là, tout allait bien… Cependant, dans une dimension supérieure, les démons de l’enfer prirent le paradis. Malgré sa puissance, Dieu lui-même succomba, profitant de cette victoire, les troupes infernales déferlèrent sur Terre…

 

C’était il y a quatre ans…Quatre foutues années que seuls les elfes se battaient seuls contre cette invasion qui avait lieu pourtant en terrain neutre, une zone entre les territoires elfes et nains, ou la forêt régnait en maitresse inviolée. Les dryades les avaient laissé défendre ce lieu, mais les nains étaient restés réservés, n’intervenant pas dans cette guerre désespérée que menaient les elfes et qui concernait pourtant le gros nez des nains.

Par Akiba - Publié dans : Futuriste/SF
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Vendredi 25 juin 2010 5 25 /06 /Juin /2010 00:26

Voilà, autre projet, inspiré de l'univers de Fallout, et un peu de Bordelands,  je m'essaie a un personnage féminin, nouvelle inspirée par quelques connaissances, et peut être quelques rêves. Je posterai probablement des histoires de son alter ego médiéval fantastiques, plus conventionnelles =) enjoy.

 

I :

En face de moi le vieux miroir craquelé me renvoie mon image alors que je finis d’enfiler ma casquette.  22ans, brune cheveux courts, petite et  fine  j’ai quand même des formes avantageuses, J’aime mes yeux, ils sont souvent verts mais changent parfois selon l’ensoleillement. Pour pallier à la l’étouffante chaleur moite qui règne en cette saison, j’ai opté pour un vieux débardeur court et serré, et un pantalon bas défraichi. De toute façon c’est tout ce que j’ai pour l’été.

Avant de sortir j’attrape mes lunettes que je mets sur ma casquette, avis de tempête aujourd’hui. Puis je saisis ma caméra et un objectif supplémentaire. J’suis prête pour affronter les Terres désolées.

Je suis Candice, reporter pour Wasteland Broadcasting Company. Un nom bien pompeux, on est que trois mais on émet pratiquement h-24 sur toute la région. Tout en prenant la direction du studio où Neuf-Orteils m’attends, c’est l’animateur, la voix, celui qui apporte une présence décalée, ou juste une voix libre à la radio de tout les habitants des Terres Désolées, il a une bonne tête, c’est un type sympa quand il n’est pas enfermé dans le caisson d’enregistrement.  Il à dit qu’il voulait me voir, mais comme d’hab j’vais avoir à faire au mécano-electricien-cuisinier de la compagnie, le vieux Trois-Burnes (je me demande toujours si c’est vrai). Il est un peu étrange mais vraiment indispensable à la vie du studio.

J’entre dans le studio, et je vois Neuf-Orteils au fond, dans la cellule d’enregistrement en train de parler au micro. Je ne vois pas Trois-Burnes, il doit être en train de farfouiller au dans l’immeuble qui nous sert à la fois de studio et de logement à tous. Je vais me prendre un truc à grignoter dans le placard, il doit rester de cette espèce de vache mutante qu’on a abattue hier, et qui s’est révélée très gouteuse. Je m’assoie sur le bord de l’évier. La pièce en L se découpe en deux parties, la cuisine-salon-salle à manger ou je suis et le studio en lui-même au fond ou se trouve tout l’attirail électronique nécessaire au fonctionnement de la compagnie. Ça cliquète, bourdonne, vrombit, ya bien que ce tordu de Trois-Burnes pour y comprendre quelque chose. C’est très utile en fait car cela nous permet de pirater toutes les communications radios a 100km à la ronde grâce a l’immense antenne sur le toit, et ainsi on est au courant de tout ce qui se trame et je peux être sur les lieux pour filmer.

Car si Neuf-Orteils est la voix des terres désolées, je suis ses yeux, même si il y a peu de télés elles se multiplient de plus en plus, et grâce à ça on peut tenir toute la population au courant de ce qui se trame et de lui illustrer en direct ou presque. Un éboulement qui encombre une route ? Un raid des bandits ? Une recrue d’essence de l’activité des goules ? Neuf-Orteils informe, et je relaie l’évolution en temps réel. J’passe aussi pas mal de temps à parcourir les plaines et les villages pour essayer de trouver un truc intéressant à dire, c’est pas toujours évident mais j’arrive toujours a dégotter quelque chose.

Ici, on vit surtout des dons et de la chasse. Comme je ne suis pas la plus utile et la dernière arrivée de la compagnie j’essaie de trouver des objets à vendre ou utiles d’une façon ou d’une autre. Lorsque que je suis en vadrouille Trois-Burnes à mis au point un système de radios protégés pour continuer à communiquer parce qu’il n’est pas rare que je m’absente plusieurs jours. D’ailleurs je suis rentrée il y à seulement deux nuits.

Un grand tintement résonne de la porte qui donne l’escalier, et un morceau de viande dans la bouche je demande :

-          « Un coup de main ? »

-          « Nan merci ça va aller » me réponds la voix de Trois-Burnes derrière une brassée de métaux hétéroclites qui tombent de partout

Je le regarde passer devant moi en titubant. Il pose tout son bazar dans un coin de l’atelier avant de me regarder vraiment :

-          «  Salut ma jolie, Neuf’ voulait te voir, et … euh, bah tu l’connais hein ? »

Je lui fais un petit sourire, j’aime bien le taquiner, lui faire un peu perdre ses moyens.

-          «  Bref… Ahem… il y a du mouvement du coté de la frontière avec les Mayans, il voudrait que t’aille là-bas pour nous tenir au jus, j’tai récupéré quelques cartes mémoire de plus au marchand, il me les a faites pour trois fois rien »

La frontière avec les Mayans ? Mais c’est à l’autre bout de  la région ! Et c’est particulièrement hostile, surtout pour une jeune fille, je sais me défendre, mais je n’aime pas être un aimant à problèmes.  Enfin, le secteur est riche, je reviendrai probablement avec pleins de trucs à vendre.

-          « Bon et bien ça marche, je pars de suite, le buggy chez Scoot’ est réparé ? »

-          « Heu je sais pas, faudrait que tu y passes j’pense »

-          « Bon, ça me ralentira si il n’y est pas, mais si il est dispo je devrai au final gagner beaucoup de temps » dis-je, pensive

Il a un sourire triste.  J’ajoute :

-          «  Bon allez vieux machin, j’y vais » Puis j’embrasse son crâne chauve avant de me retourner pour sortir.

-          « Hé, attends, les … »

Je l’interromps en lui montrant les cartes mémoire que je lui ai subtilisées. Puis je me retourne vers la cellule et fait un signe à Neuf’ qui me réponds d’un geste de la tête. Il est temps d’y aller !

Par Akiba - Publié dans : Zombies/Post-ap'
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