Aujourd’hui, remise des diplômes, la fac est pleine d’élèves mais aussi des familles, tout le monde est heureux. Je viens de décrocher mon master en mécanique des fluides. La cérémonie vient de
se terminer, je rejoins doucement ma chambre. A peine entré, et mon diplôme posé, je la prends. Je l’ai achetée il y a quelques semaines maintenant.
Ici je suis quelqu’un d’apprécié, j’ai pas mal d’amis, même si je suis assez introverti, c’est agréable, j’ai même flirté avec une jolie fille, qui repart ce soir chez elle dans le Nebraska. De
toute façon, tout est planifié. Et dire qu’on apprécie mon calme et mon pacifisme. C’est vrai que je n’aime pas faire de mal aux gens.
Mais l’heure n’est plus aux souvenirs, dans l’armoire, je prends la petite boite en carton sans quoi elle n’est rien. Je prends le temps de tout vérifier, la précipitation ne mène a rien, j’ai
tout mon temps. Je démonte tout, remonte tout, au moins deux fois.
Je vais a la fenêtre, le bâtiment fait un U avec au milieu la place ou tout le monde est regroupé pour faire la fête, j’ai une vue plongeante sur la foule. De plus tout les arbres ont étés
récemment élagués, la vue est parfaitement dégagée. La plupart des élèves sont restés dans la cour, sont vite passés se changer de leur affreuse robe de cérémonie pour mettre quelque chose de
plus sympathique. Défilé de couleurs chatoyantes, demoiselles persuadées d’être le centre du monde, surmaquillées elles s’amusent à briser les cœurs.
La gent masculine ne vaut pas mieux, occupés à rouler des muscles pour se faire valoir aux yeux de tous. Et le mieux la dedans, c’est que tout cela se fait dans la plus grande hypocrisie,
que j’ai pratiquée avec plaisir toute l’année. Et ce soir, ça va continuer.
Sauf que …
Tout doucement, je l’épaule, j’aligne les organes de visée, dans le collimateur apparait un visage inconnu, une jeune femme, un peu à l’ écart. Je prends mon temps pour ajuster tout comme il
faut. Mon premier coup, il est hors de question de le rater…
Une secousse dans mon épaule, elle tombe, simplement, sans un cri, sans rien, personne ne l’as vue. Personne ne m’a entendu, je me suis équipé d’un silencieux. Maintenant que j’ai commencé, on
peut entrer dans le vif su sujet. Plus de cibles isolées, maintenant je tape dans la foule, vite gagnée par la panique. Chaque fois que mon épaule est secouée, une personne tombe.
Lentement, un rire monte en moi, que je ne peux réprimer. Je ris, je ris a gorge déployée, à me faire péter les côtes. Tout n’est plus que tourbillon de couleurs, je ne sais plus qui se trouve
dans mon viseur, homme, femme ? Qui sait ? Il doit juste mourir, c’est comme ça. Mes gestes sont fébriles, je ris toujours, de plus en plus fort.
J’ai pris soin de sceller ma porte, mais je sais que lorsque je serai découvert, ça ne tiendra pas longtemps.
Brusquement, mon rire s’arrête net. Je l’ai dans ma ligne de mire… Ses yeux fixent ma direction depuis sous la table ou elle est cachée. Il y a encore peu, sa petite main chaude saisissait la
mienne, avant de se mettre sur la pointe des pieds avant de m’embrasser sur la joue. Elle a un si beau regard, souligné par ses fines lunettes… Je me dépêche de lui ôter, un cercle écarlate
parfait apparait entre ses yeux, les branches de ses lunettes tombent de chaque coté de sa tête. Derrière elle s’élève la brume rose. Qui macule la nappe d’éclats d’os et de cervelle. Ses grands
yeux bleus sont écarquillés, puis elle s’effondre hors de mon champ de vision.
Je ris de plus belle, c’est de mieux en mieux. Je sens une chaleur monter de mon ventre, c’est génial. Maintenant, il faut que je débusque mes cibles. Plus ça va, plus j’aime ça. Machinalement,
je recharge, sans cesser de rire.
On frappe violemment à ma porte. Ça y est, c’est le moment de parfaire cette comédie magnifiquement ficelée. Je vide mon chargeur à la fenêtre avant d’engager une unique balle dans la chambre et
de m’assoir sur une chaise, face à la porte.
Ils commencent à défoncer la porte, je finis une vieille tasse de café froid. Ils hurlent, me somment de me rendre, j’écris une connerie sur Twitter. Le premier verrou saute, comme je l’ai fait
tant de fois, j’épaule lentement mon arme et vise au niveau de la tête. La porte s’ouvre d’un coup. Mon tir unique est parfait, directement dans le front de l’homme qui vient d’entrer. Le 5.56
OTAN et son étonnante capacité à champignonner fait exploser l’arrière du crâne de ce qui semble être un policier avant d’aveugler celui qui le suit. Malgré cela un troisième homme surgit. Lui
n’hésite pas et tire cinq fois avec sa MP5, j’ai à peine le temps d’emmètre un léger rire que déjà je pars. Finalement, tout c’est déroulé selon mon plan… je pars tranquille…
Extrait du Daily Post : « Cérémonie du Massacre : aujourd’hui à l’université de physique appliquée, un jeune homme sans histoires, connus du tous pour être un garçon normal à
subitement fait feu sur la foule réunie pour fêter la remise des diplômes depuis sa chambre d’étudiant. Il venait tout juste d’obtenir une maitrise et semble avoir prévu son coup depuis
longtemps. Personne ne sait ce qui a motivé cet acte autodestructeur. Car lors de son interpellation, il a tiré sur les forces de l’ordre tuant un officier et obligeant l’un d'eux à répliquer,
certains parlent d’une forme de suicide. On dénombre 24 victimes et 31 blessés dont une douzaine dans un état grave. Parmi les décédés figure la petite amie du tueur, qui devait, d’après ses
amis, passer l’été avec lui. Le forcené a utilisé une carabine M4 en vente libre et un calibre de guerre. Il est probable que le seul qui connaisse les raisons de cet acte ait emporté ce secret
dans sa tombe… »